GRANDE INTERVIEW AVEC ALICIA FALL, ANCIENNE PRESENTATRICE A CANAL + « J’AI TROQUE MA CASQUETTE DE JOURNALISTE POUR CELLE DU CINEMA »

Dans une interview exclusive accordée au journal 116poste.com basé à New York, Alicia Fall, ancienne présentatrice à Canal + revient sur la dernière coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2026, la prochaine Coupe du monde de football, les jeux olympiques et sur autant de sujets qui touchent l’actualité notamment la célébration de la journée internationale du 8 mars ainsi que sa vie hors caméras. Suivez là !

Alicia, le mois de janvier a été marqué par la victoire du Sénégal à  la Can. Une victoire acquise mais contestée par le Maroc. Comment avez-vous vécu ces événements, en tant que ancienne présentatrice de Canal plus et Sénégalaise?

Avec du recul, je tiens d’abord à rappeler que nous parlons de sport. Cela devrait rester un espace de compétition saine, de passion et de rassemblement. Cependant, il est difficile d’ignorer que le sport aujourd’hui dépasse largement le cadre du terrain, il est aussi devenu un véritable enjeu politico-économique.

En tant que Sénégalaise, cette victoire a été un immense moment de fierté nationale. Elle a été vécue avec émotion, joie et unité. Néanmoins, les contestations qui ont suivi viennent rappeler la complexité de ce type d’événement. Je pense que certaines décisions prises autour de cette CAN peuvent soulever des interrogations et, à ce titre, peuvent affecter la perception de sa crédibilité. Mais il faut aussi comprendre que ces décisions s’inscrivent souvent dans des logiques plus larges, où les intérêts politico-économiques  jouent un rôle important.

Cela ne doit toutefois pas enlever la valeur du parcours sportif et des efforts fournis par les joueurs. Le Sénégal a démontré sa force sur le terrain, et cela reste, à mes yeux, l’essentiel.

2026 sera sportive avec la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques de la Jeunesse au Sénégal, est ce que vous comptez y participer et sois quel forme?

Effectivement c’est une année majeur avec deux événements sur le plan sportif. Il s’agit de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 et les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Ce qui est une opportunité pour le Sénégal et pour toute une génération. À ce stade, je n’ai pas encore défini précisément la forme que pourrait prendre mon implication. Cependant, je reste pleinement ouverte aux opportunités qui pourraient se présenter. Si je peux, d’une manière ou d’une autre, apporter une contribution positive, que ce soit en termes d’image, de transmission ou d’engagement, je le ferai avec enthousiasme et de conviction.

Les dernières élections locales ont été marquées par la montée en puissance des candidats issus de l’immigration, est-ce un tournant dans la vie politique en France?

Oui, on peut y voir un tournant, et c’est une évolution plutôt positive. Le fait que des candidats issus de parcours et d’horizons divers accèdent à des responsabilités politiques permet au paysage institutionnel de mieux refléter la réalité de la société française d’aujourd’hui. C’est un signal d’ouverture et de vitalité démocratique.

Cela étant dit, il est essentiel que cette diversité ne s’inscrive pas dans une logique de repli ou de communautarisme. L’enjeu est justement de dépasser les appartenances pour servir l’intérêt général, avec une vision inclusive et rassembleuse.

La richesse de la France réside dans sa pluralité, mais cette pluralité doit rester un facteur d’unité, et non de division.

Le monde a célébré la journée du 8 mars, en tant que femme d’influence, quel message à l’endroit de vos consoeurs?

À l’occasion de cet événement, mon message s’adresse à toutes mes consœurs avec sincérité et profondeur. Je crois qu’il est essentiel, aujourd’hui, de ne pas nous enfermer uniquement dans une “condition féminine”, mais de nous recentrer sur ce qui nous rassemble avant tout : notre humanité. Nous sommes des êtres complets, capables, créateurs, et porteurs de vie au sens large.

Beaucoup d’entre nous élèvent leurs enfants avec le soutien du père, d’autres sans. Chaque parcours est différent, mais tous demandent une force, une résilience et un courage immenses. Et c’est justement cette force qu’il nous faut reconnaître et assumer pleinement.

S’élever, c’est aussi refuser les limites imposées, dépasser les cadres réducteurs, et participer activement à un rééquilibrage plus juste, non pas dans l’opposition, mais dans la complémentarité et la conscience.

Mon message est simple, affirmons-nous, non seulement en tant que femmes, mais avant tout en tant qu’êtres humains libres, responsables et puissants.

Qu’est ce qui fait courir Alicia micro à la main et sous le feu des caméras?

J’ai troqué ma casquette de journaliste et présentatrice TV pour celle du cinéma, qui m’offre un espace d’expression plus libre, plus vaste et plus profond.

Ce qui m’anime avant tout, c’est la volonté de transmettre. Je cherche à partager des messages, à ouvrir des réflexions et à donner des outils concrets.

Mon premier court-métrage, “A CLOCHE-PIED”, que j’ai écrit, réalisé et produit, s’inscrit pleinement dans cette démarche. Il a pour objectif de sensibiliser aux violences domestiques faites aux enfants, un sujet aussi grave que souvent invisible. Au-delà de l’image, mon intention est de provoquer le dialogue, d’encourager la parole et de créer de véritables espaces d’échange à travers des projections suivies de débats. Si ce film peut contribuer, même modestement, à briser le silence et à protéger ne serait-ce qu’un enfant, alors il aura pleinement trouvé sa raison d’être.

En parallèle, j’ai été nommée vice-présidente et porte-parole internationale du GTIF, le Global Travel Influencers Festival, co-fondé par Mr Yuxuan Fan, sous la présidence de Mr Guillaume Morel et Mr Yang Huang du conseil d’administration.

Le GTIF est une plateforme stratégique internationale, à la croisée du networking business, de la production de contenu, d’événements et de l’accès à des institutions majeures, dans les domaines de la culture et des industries créatives. Et favorisant les synergies Franco-Chinoise, mais aussi dans plus de 20 pays, à travers le soutien d’acteurs institutionnels, de grandes marques et de plateformes internationales. Nous venons d’ailleurs de signer 2 accords de coopération, le premier avec le MediaClub, présidé par Jérôme Chouraqui et qui réunit plus de 11 000 professionnels des médias et des industries créatives, le second avec la China Night, évènement officiel du marché du film au festival de Cannes.

Quels sont vos projets  à court et moyen terme?

Mon objectif est de continuer à m’inscrire dans le cinéma, en développant des projets d’écriture, de réalisation et de production. C’est un espace qui me permet d’explorer des thématiques fortes et de porter des récits engagés.

Parallèlement, à travers ma société Waalo Productions, j’accompagne Chrysalis le dernier long métrage de J.Robert Schulz avec Daniel Winn, et l’icône du cinéma vietnamien Kieu Chinh dans son développement, en structurant sa présence et sa stratégie sur le festival de Cannes. Dans ce cadre, je facilite, avec le concours du cinéaste Yassine Azzouz ainsi que de la directrice de l’agence culturelle africaine Aminata Diop Johnson, la mise en relation, via le Marché du Film, avec des distributeurs, partenaires et acteurs clés de l’industrie, afin d’optimiser ses opportunités de diffusion, de visibilité et de développement international.

Waalo Productions, c’est aussi le développement de projets événementiels, tels que la “Giddy Up Fashion Night”, concept sur lequel je travaille depuis 4 ans.

C’est un défilé pensé pour mettre en lumière de jeunes créateurs qui n’ont pas toujours accès à cet univers encore un peu trop élitiste à mon goût. L’ambition est de casser les codes en investissant des lieux inattendus, comme les gares et les aéroports à travers le monde, afin de rendre la mode plus accessible, plus vivante et plus inclusive et ce aussi avec la collaboration de mes associés, Sophie et Laurent Gobinet. L’ensemble de ces projets s’inscrit dans une même volonté, créer, transmettre et ouvrir de nouveaux espaces d’expression

Après Canal y a t-il une carrière qui se dessine?

Bien sûr, et heureusement. Une carrière ne se limite pas à une seule étape, aussi importante soit-elle. Canal+ reste une maison avec laquelle j’ai toujours entretenu d’excellentes relations.

D’ailleurs, la preuve en est que, même après avoir choisi de quitter la chaîne en tant que présentatrice TV il y a deux ans, nous avons eu l’opportunité de collaborer à nouveau dans un cadre différent, notamment autour du long-métrage primé sénégalo-français “La Mémoire du manguier”, réalisé par Nicolas Sawalo Cissé et porté par Ibrahima Mbaye Thié, que nous avons coproduit ensemble avec ma société Waalo Productions. Cela montre qu’au-delà des fonctions, ce sont avant tout les relations de confiance et les visions communes qui permettent de construire une trajectoire durable et évolutive.

La star mania se conjugue-t-elle avec la discrétion ou le besoin de se ressourcer ?

J’évolue dans un univers d’image, d’apparence, de “fame” comme on dit, mais avant tout dans un univers d’art, une notion qui, selon moi, tend parfois à se perdre.

La notoriété et la discrétion ne sont pas opposées, bien au contraire, elles sont complémentaires. L’une ne peut exister sainement sans l’autre. Derrière la lumière, il y a une réalité personnelle souvent très éloignée de cette vie faite de strass et de paillettes. Et cet écart, même subtil, peut fragiliser s’il n’est pas appréhendé avec lucidité. Se ressourcer devient alors essentiel. C’est une nécessité pour préserver son équilibre émotionnel, car cette exposition permanente n’a rien de naturel. La lumière peut éclairer, mais elle peut aussi éblouir, voire brûler. C’est aussi pour cela que je me sers de mon art comme d’un moyen d’être utile, autant que possible. Transmettre des messages, partager des outils, ouvrir des perspectives… Je m’appuie sur mes propres expériences, y compris mes blessures, pour donner du sens à ce que je crée. L’art est, pour moi, un véritable espace d’expression, mais aussi un levier pour accompagner, éveiller et, peut-être, aider à transformer. Pour ma part, je m’efforce de rester profondément ancrée. Comme me le disait mon père : “Alice Donald, garde les pieds sur terre”. C’est une ligne de conduite que je tiens grâce à ma famille, à mes enfants, et à une volonté constante de garder une certaine humilité dans ce que je crée et dans la manière dont je vis ce parcours. »

Comment Alicia mène sa vie hors caméras?

Hors caméras, je mène une vie simple, profondément ancrée dans mes rôles essentiels, je suis une maman, une fille, une sœur, une nièce, une tante, une amie. C’est dans ces liens que je me ressource et que je trouve mon équilibre.

J’essaie de profiter de la vie avec sincérité, même si certaines actualités, je dois l’avouer, peuvent parfois me bouleverser. Elles viennent toucher quelque chose de très intime et me rappellent la fragilité de notre monde.

Cela me fait d’ailleurs penser à une conversation que j’avais eue avec Pascal Légitimus pendant la période du Covid. Je lui avais demandé comment rester positif face à l’évolution de l’humanité si peu réconfortante parfois. Sa réponse a été simple : il m’a envoyé une vidéo drôle. Et j’ai immédiatement compris.

Le rire, l’amour, les choses simples… Ce sont eux qui nous permettent de garder l’équilibre. Et je lui en suis reconnaissante, car parfois, ce sont ces petits rappels qui font toute la différence.

Propos recueillis par Ibrahima DIOP

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