Terrorisme, criminalité transfrontalière, piraterie maritime, désinformation, cybercriminalité et dérèglements climatiques. C’est avec ces mots simples mais percutants que le président Bassirou Diomaye Faye a décrit les fléaux qui menacent aujourd’hui l’Afrique. Cette alerte a été suivie par l’intervention du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui a plaidé pour l’apaisement de la vie politique à travers le dialogue et le consensus.
Ces déclarations ont été faites lors de la dixième édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, ouverte au Centre international de Conférences Abdou Diouf, en présence notamment du président de la Sierra Leone.
Placée sous le thème : « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ? », cette rencontre réunit au Sénégal des chefs d’État, des généraux, des ambassadeurs, des responsables politiques ainsi que des experts en sécurité venus de plusieurs pays d’Afrique et du monde.
À l’occasion de l’ouverture, le chef de l’État sénégalais a dressé un tableau préoccupant des menaces pesant sur le continent. Selon lui, ces défis, par leur nature transfrontalière, dépassent les capacités d’un État pris isolément. « Même avec une pleine souveraineté acquise, aucun pays ni aucun continent ne peut triompher seul face à ces menaces sécuritaires », a-t-il fait remarquer, avant d’ajouter que « toute solution efficace ne se construira que collectivement ».
Dans cette dynamique, Bassirou Diomaye Faye a appelé à l’opérationnalisation des forces africaines, au renforcement des mécanismes d’alerte précoce et à la mise en place d’une véritable industrie de défense continentale. Il a également insisté sur la nécessité de financements plus stables et mieux maîtrisés par les États africains.
De son côté, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a centré son intervention sur la nécessité d’un apaisement politique fondé sur le dialogue et le consensus, afin de surmonter les divisions au sein des États. Pour lui, cela passe inévitablement par la consolidation de l’État de droit et le renforcement des démocraties.
Évoquant les perspectives de développement, il a également souligné qu’aucun progrès durable ne peut être envisagé sans un développement inclusif bénéficiant à toutes les populations. Dans le même élan, il a insisté sur l’unité et l’efficacité collective, affirmant que « c’est ensemble que nous avancerons ».
Enfin, il a appelé les dirigeants africains à renforcer leurs capacités d’action, à mieux coordonner leurs efforts et à mutualiser leurs ressources, une stratégie qu’il juge essentielle pour consolider l’unité de l’Union africaine et adapter ses outils aux défis actuels.
Cheikh Tidiane MBENGUE