Au Sénégal, la consommation du sucre et du sel associé d’épices et de bouillon est en train de faire des ravages au sein de la population. L’enquête STEP sur les maladies non transmissibles a démontré une prévalence très élevée de 75,8% de la population dont la consommation du sel associé d’épices et de bouillons est excessive. En prélude de la journée mondiale de lutte contre le diabète, l’atelier national consacré au partage de ces résultats du ministère de la santé et de l’action sociale a également permis la présentation du Kit Diab Digital.
L’ enquête Steps a livré ses résultats ce mardi 11 novembre sous l’égide de l’ Association Sénégalaise de Soutien aux Diabetiques (ASSAD ). Cette première investigation scientifique sur l’alimentation des sénégalais a révélé les principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles (Mnt) dont le diabète, l’hypertension artérielle et autres pathologies courantes.
Leurs facteurs de risques constituent les premières causes de mortalité dans le monde, avec 74% de décès selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé en 2022. Mais ce qui est plus grave selon Dr Seynabou MBOW Chef du bureau de la lutte contre les maladies cardio-vasculaires et métaboliques de la Division de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles au Ministère de la Santé et de l’Action sociale, 86 % de ces décès prématurés surviennent dans les pays de faible à moyen revenu. Devant la communauté diabétique au Sénégal qui a la primeur de partager ces résultats forts révélateurs, la Dr Mbow a mis en exergue que 75 % des sénégalais consomment du sel associé avec des épices et des bouillions associés à la cuisson des aliments. Le médecin a alerté que beaucoup de sénégalais ajoutent trois morceaux de sucre ou plus quand ils prennent leurs petits déjeuner. Les résultats de l’enquête ont également fait état de la prévalence de l’obésité au Sénégal. Auparavant, en 2015, le taux était de 6,4 %, mais il est passé à 10,1 % de la population en 2024. Il y a aussi ceux qui ne font pas suffisamment d’activité physique (moins de 150mn par semaine) la prévalence nationale de 66,0% en 2015 est passée de 86,1% en 2024. Quant à ceux qui ne font aucune activité physique, ils représentaient 66,6% de la population en 2015 contre 69,6 % en 2024. Le surpoids est également en hausse passant de 15,8% en 2015 à 28,8% en 2024.
A l’issue de la présentation de l’enquête STEP, l’initiative sociétale d’Eyone médical a été aussi partagée avec les diabétiques. C’est une plateforme digitale qui améliore la prise en charge des malades et réduit le parcours de soins par la digitalisation qui a été présentée lors de cet important atelier. En cerise sur le gâteau de cette journée, La parution d’un livre portant sur la sensibilisation des diabétiques a été annoncée pour bientôt.
Cheikh Tidiane MBENGUE